« Dans la vie je fais pas mal de blagues, cela vient peut-être de mon enfance en Belgique ou alors de mon père, qui lui aussi fait des blagues, mais moins drôles, voire pas drôle du tout. Je suis la troisième d’une famille de 5 enfants, ça compte ça, beaucoup. Une tribu, une petite compagnie, des partenaires de jeu. Aucun d’entre eux n’est aussi artiste mais aucun d’eux n’en est vraiment très loin. Ma mère aurait pu être pianiste mais non. Depuis, elle chante. Il y a dans le salon ce tableau de Sempé qui réuni la musique de ma mère et l’humour de mon père. J’aime beaucoup Sempé: sans parole, tout se raconte.

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Mes parents ont eu la (très) bonne idée de me faire rencontrer Julie Popov dès mes 3 ans. Cette dame habitait une grande maison, pleine de danse, d’histoire du théâtre, de musique, de sucre d’orge et de nic nac. J’y ai passé toutes mes fins après-midi , c’est devenu mon école et, Julie, celle qui m’a initiée à la magie de la création et de la scène. J’avais 5 ans quand j’ai découvert Pierre, le Loup, Gérard Philipe et Prokoviev.

Respect infini pour mes parents d’avoir su voir en elle celle qui allait me permettre de foncer et de m’affranchir. Je me suis donc exprimée par le corps très jeune et j’ai franchi les étapes.

Le reste de ma vie est dans ma bio. Rien ne nous empêche de nous rencontrer pour mieux nous connaître bien-sûr !

Je suis une slasheuse:

Comédienne/danseuse/performeuse/chorégraphe/coach/formatrice.. tu vois un peu le concept?

Le début d’une histoire, c’est ce qui donne forme à une démarche : une marche engagée, un manifeste. Sur scène je ne suis pas drôle, pas encore, je cherche. J’aimerais l’être mais c’est souvent l’émotion (le monstre dans mon ventre) qui se met en jeu avant l’humour (le rayon tout autour de moi). Je cherche une forme de maîtrise et invoque le lâcher prise, entre profondeur et légèreté, entre philosophie et psychologie de comptoir, c’est comme cela que je perçois la vie aussi. 

Je marche, je suis en réactionJe pars de quelque chose qui m’interpelle: une histoire, une émotion, un objet, un lieu, un texte, une situation, une réflexion, puis j’écris, puis j’entre dans le studio et immédiatement je donne du corps : j’intègre physiquement, je digère et puis cherche une dramaturgie et de possibles collaborations humaines, sonores, d’espace, de temps, des contraintes. Ma danse est façonnée par la capacité à conscientiser tous ces rapports : à soi, aux autres, à l’espace. 

Je suis à la recherche de formes d’expressions instinctives, pulsionnelles, échappant à la conscience, émergeant d’un historique du corps et non d’une pensée articulée.

Je ne suis pas danseuse mais j’ai l’audace de danser, ça me vient du ventre, de la respiration, de l’organicité et de l’impact de mes émotions sur mon corps. J’essaye de m’entendre pour mieux comprendre le monde et tout commence en silence. »

 

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@ Photographie d’illustration: Photo de Ludivine Nakedcat lors d’une représentation de « Si Camille avait dansé » au Festival « Entrez dans la Danse » organisé par Mouvance d’arts, juin 2015